Financement des start-ups : Venture Loan, risque ou opportunité ?

Le vendredi 2 juillet 2021, la Banque Wormser Frères a convié ses clients à un petit déjeuner pour échanger autour du Venture Loan, une offre de financement destinée aux start-ups.

Pour animer ce petit déjeuner, 3 Venture Loaners sont venus nous parler de leur expérience avec la Banque Wormser. Nous avons accueilli Arthur Philbe, Président de Weblib, Julien Watry, Directeur Général de Liberkeys et Auntoun Sfeir, Président d’EpressPack.

Pour rappel, le Venture Loan est un prêt qui intervient en amont des prêts bancaires traditionnels et offre aux startups en forte croissance une alternative aux levées de fonds. La la Banque Wormser Frères intervient uniquement sur des entreprises qui ont fait la preuve économique de leur business (+1M de CA), qui sont en passe de devenir rentables et en très forte croissance.

La table ronde avec nos trois invités débute par quelques mots de présentation

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots, ainsi que votre start-ups ?

Julien : Liberkeys est une agence immobilière 2.0 créée en 2018, et basée sur le développement d’une technologie qui a comme objectif d’augmenter la productivité des agents immobiliers. L’activité se partage entre le B2C (prise en main de la vente de biens immobiliers des particuliers) et du B2B (solution Saas aux agences immobilières).

Arthur : Weblib opère dans la transformation digitale d’espaces qui accueillent du public (restaurants, stade de France, gare, magasins) en déployant du wifi et des tablettes principalement.

Antoun : ePressPack est un éditeur de logiciel spécialisé dans la digitalisation de la direction de la communication de Grands Groupes.

Comment avez-vous vécu la période du Covid, comment cela s’est passé pour vos entreprises en termes de business et de possibilités de financement ?

Antoun : Grâce à notre présence internationale, et à la diversité de nos clients, nous sommes parvenus à conserver de la croissance en 2020. Le Covid a également été une opportunité pour la digitalisation des RP des grands groupes du CAC 40, dont nous avons profité. En termes de financement, les banques se sont concentrées sur le PGE et étaient moins disponibles pour les autres financements bancaires.

Arthur : Nous n’avons pas eu de grandes difficultés côté business. Bien que certains clients aient souffert (restauration, retail), d’autres clients ont maintenu leur rythme de croissance ce qui nous a permis d’être résilient face à la crise. Cependant, nous avons réalisé une acquisition fin 2019 avec un regroupement des équipes prévu pour mars, au moment du premier confinement. La difficulté s’est trouvée davantage dans l’intégration des nouvelles équipes. Nous avons aussi pris un PGE pour  assurer un coussin de sécurité, au cas où.

Julien : Les visites immobilières se sont arrêtées pendant le premier confinement, ce qui a été une opportunité pour les équipes tech d’avancer sur les outils et le développement du Saas B2B. Même si le chiffre d’affaires a été très limité sur quelques mois, nous avons bénéficié d’un fort rebond au déconfinement. Concernant le financement, les fonds se sont mis en pause et se sont davantage concentrés sur leurs participations existantes. Les investissements étaient davantage dirigés vers les sociétés plus matures et pour des plus gros tickets.

Au delà de lacrise, revenons au Venture Loan lui même. Quel est le moment opportun pour souscrire à un Venture Loan ?

Julien : nous avons fait un Venture Loan en complément d’une levée de fonds car, bien que le Venture Loan soit plus cher que de la dette bancaire classique, il est bien moins cher que le coût du capital. Le Venture a permis de limiter notre dilution, pour continuer à accélérer toujours avec un objectif d’atteinte de la rentabilité.

Arthur : le Venture Loan a été souscrit pour financer une opération de croissance externe. La recherche de financement a été compliqué car les banques étaient frileuses à l’idée de financer cette acquisition. En effet, la cible avait des fonds propres négatifs, et un passé avec quelques difficultés financières. La Banque Wormser a opté pour une vision davantage entrepreneuriale, dirigée vers l’avenir, en analysant la stratégie de l’acquisition et en évaluant les synergies futures. Nous avons ainsi pu clôturer  l’opération fin 2019.

Antoun : la valorisation des startups Saas va être très dépendante de la croissance de la société. Nous préparons aujourd’hui une levée de fonds. Le Venture Loan est un moyen d’améliorer toutes nos critères afin d’avoir la meilleure valorisation au moment de notre levée, et par conséquent de moins se diluer. Le Venture Loan permet d’avoir un matelas de sécurité pour prendre son temps pour lever des fonds et être en position de force.

Marc Wormser : Ces trois start-ups illustrent parfaitement nos différents cas d’usage. La majorité des start-ups qui nous contactent sont dans une optique de :

  • Financer une opportunité, comme une croissance externe
  • Abonder une levée de fonds pour augmenter le cash in et/ou limiter la dilution
  • Financer la croissance organique soit pour atteindre la rentabilité soit pour envisager une levée future plus sereinement

Comment envisagez-vous remboursement du Venture Loan ?

Arthur : nous avons remboursé la totalité du Venture Loan il y a quelques jours. Notre opération de croissance externe s’est très passée, les synergies ont opérées et les économies de coûts sur la cible ont été réalisées. L’opération nous a donc permis d’avoir une génération de cash plus importante. Nous avons donc eu la possibilité de refinancer le Venture Loan par de la dette bancaire classique, moins chère. Mais sans ce Venture Loan nous n’aurions pas pu réaliser l’acquisition il y a plus d’un an.

Julien : nous ne prévoyons pas de rembourser le Venture Loan en anticipé car nous sommes en très forte croissance et prévoyons de continuer sur cette voie.

Antoun : Nous sommes sur une logique de rentabilité pour pouvoir assumer les échéances de remboursement, même dans le cas où une levée de fonds ne se ferait pas.

Marc : Généralement, même quand une société fait une levée de fonds, elle ne procède pas au remboursement anticipé car l’objectif premier est toujours la croissance.

D’autre part, ces trois start-ups sont trois exemples d’entreprises pilotables qui offrent la possibilité de mettre un frein à l’accélérateur si besoin, pour atteindre la rentabilité rapidement et faire face au remboursement du prêt.

Et maintenant, quels sont vos projets ?

Antoun : la prochaine étape est une levée de fonds avec l’objectif de devenir leader européen du secteur. Après la levée, nous envisageons d’opérer des acquisitions de sociétés de plus petite taille afin de consolider le marché.

Arthur : nous allons continuer la croissance externe tout en continuant notre croissance organique. Le monde de la transformation digitale est composé de beaucoup de petites entreprises, nous aimerions être l’acteur de la consolidation du marché. Cependant, la crise et les PGE nous ont fait manquer des opportunités car nos cibles ont pu obtenir des PGE et sont donc moins intéressées par la vente de leur entreprise.

Julien : nous n’envisageons pas de croissance externe pour l’instant, le but est d’arriver à la rentabilité en 2022, et nous prévoyons une levée de fonds rapidement.

Mot de la fin

« C’est rafraîchissant de voir un acteur qui participe au financement des startups, de l’économie du risque, qui sort de l’ordinaire et qui mériterait d’être plus connu parce que les banques classiques c’est compliqué, on est face à un mûr, une usine à gaz, on a l’impression de parler à des machines et non des humains, ce qui n’est pas le cas à la Banque Wormser Frères » (Arthur Philbé)

 

Le Venture Loan proposé par la Banque Wormser Frères est, comme la table ronde vient de le montrer avec ces 3 exemples d’entrepreneurs, une solution innovante et efficace de financement de start-ups.

La Banque vient de créer en complément un Fonds Venture Loan, fonds maison destiné aux investisseurs désireux de soutenir l’économie réelle au plus près des entrepreneurs.

Si vous êtes intéressés par ce fonds n’hésitez pas à contacter Marc Wormser.